fast fashion

Lumière sur la « fast fashion ».

Quelles sont les vérités cachées de l'industrie du textile ?

« La plus grande élégance, c’est la vérité. »
-Thierry Mugler

Chacun.e d’entre nous a de quoi s’habiller selon diverses occasions (pour le travail,une soirée, un mariage, la rentrée etc), en fonction des saisons (été, hiver, mi-saison) etc. La multitude de style vestimentaire accroît d’autant plus la quantité de vêtements pour le bonheur de l’industrie du textile.

En plus des diverses occasions, le marketing pousse à la consommation de « Fast Fashion »: soldes, promotions, vente privée, ou encore le fameux Black Friday etc. Sauf si le matin même, ton banquier t’a téléphoné pour discuter de la situation a-lar-man-te de ton compte en banque, comment résister à l’appel de la carte bancaire ? Quoique… est-ce un réel frein ?

L’autre jour, je lisais sur Instagram qu’une jeune ado était déçue de ne pas avoir fait de shopping pour la rentrée scolaire… alors que selon sa mère, son dressing est bien rempli.

Aujourd’hui, la mode est tellement éphémère que les collections changent constamment. Et ce n’est pas sans conséquence. Effectivement, il y a de nombreux effets négatifs à la surproduction de vêtements.

Bien sûr, je ne fera pas l’apologie de la feuille de vigne (pour la référence, c’est comme Adam & Eve ) en guise d’unique vêtement. Mais cet article te donnera quelques clés pour mieux comprendre l’impact de l’industrie textile

I. Les dessous de la production du textile :

As-tu remarqué qu’une large quantité de tes vêtements, sur l’étiquette il était inscrit « Made in … » suivi d’un pays d’asie du sud-est ? (China, Cambodge, Thaïland etc). Pour des raisons économiques, de nombreuses marques ont implanté leurs usines dans ces pays en voie de développement pour une seule raison : le coût de la main d’oeuvre. En effet, celui-ci est moins élevé et ainsi la rentabilité du produit est plus importante. Est-ce pour autant que les prix des vêtements ont baissé ? Aucunement.

Outre la délocalisation des entreprises d’autres sujets liés à la production du textile sont remis en cause. Par exemple, la production des matières premières est énergivore. En effet, selon l’Ademe pour 1kg de coton produit, il faudrait 5260 litres d’eau. La production d’un tee-shirt nécessite l’équivalent de 70 douches et celle d’un jeans nécessite environ 285 douches, soit 7000 à 10 000 litres d’eau. 

Pour information, la production mondiale de coton en 2017/2018 était de 25,4 millions de tonnes. Tu as le droit à ta calculatrice pour trouver la quantité d’eau utilisée. 

De plus, pour une production plus rentable, l’usage de pesticides est courant. La culture du coton représente 24% de la production mondiale de pesticides (source : Planetoscope). 

Comme énoncé en début d’article, la majeur production de textile est faite en Asie du Sud-Est. De ce fait, ces vêtements se retrouvent pourtant sur nos étales européennes. L’industrie du textile a elle seule émet 1,2 tonnes de gaz à effet de serre chaque année. Que penses-tu de ton tee-shirt qui a voyagé plus que toi ? 

II. Les polluants toxiques de la fast fashion :

Outre les pesticides (bien que néfaste pour l’environnement), de nombreux produits toxiques sont utilisés sur les vêtements. Une étude de Greenpeace, publiée en 2012, démontre la toxicité de ces composants. Les substances chimiques utilisées au cours de la fabrication des textiles sont des perturbateurs endocriniens (dérèglement hormonal), sont susceptibles de provoquer des cancers et polluent les cours d’eau.

Au cours de cette étude, sur une centaine d’échantillon de grandes marques (Zara, GAP, Levi’s, C&A etc), tous contiennent des polluants. 63% de ces articles contiennent des éthoxylates de nonylphénols (NPE) utilisé comme détergent et imperméabilisant. Une fois le textile lavé, les NPE au contact de l’eau (lorqu’on lance sa machine à laver simplement) se dégradent en nonylphénol (NP), un perturbateur endocrinien. Ce produit toxique se mèle aux boues et fini à terme dans la chaîne alimentaire (par l’intermédiaire des poissons) ou dans les cultures (notamment par les boues d’épandage).

Autre perturbateur endocrinien relevé dans l’étude, la présence de phtalate, notamment dans les impressions « plastisol ». Ce composant aussi, à chaque lavage, se disperse dans l’eau pour polluer l’environnement. On retrouve des substances dans les nappes phréatiques et l’alimentaire.

III. Des conditions de travail laborieuses:

Prendre conscience de l’aspect énergivore et toxiques de l’industrie du textile est un fait. Mais nous ne pouvons pas accepter les conditions de travail des salariés

Nous ne manquerons pas de rappeler le douloureux événement qui a touché la capitale du Bangladesh, l’éffondrement du Rana Plaza. Le 24 Avril 2013, le bâtiment où étaient confectionnés les produits de diverses marques du textile s’est effondré peu après l’heure de début de travail. La veille, les responsables d’ateliers avaient ignorés les consignes d’évacuation suite à l’apparition de fissures. Le drame a ôté la vie de au moins 1127 personnes

Ce tragique événement rappelle les conditions précaires dans lesquelles travaillent les ouvriers. De plus, ils sont en contact permanent avec les produits toxiques qui polluent l’air dans lequel ils travaillent mais aussi l’environnement : le cours des eaux, les boues, les terres cultivées.

Des études ont été menées sur le nonylphénol (réaction du NPE en se dégradant dans les eaux). Elles soupçonnent le nonylphénol de provoquer la stérilité chez les personnes qui le manipulent. Un fort taux de stérilité à été constaté au Bangladesh et en Inde où l’industrie du textile est présente depuis 30 ans.

IV . Quelles solutions sont envisageables ?

Quand on sait que :

  • 80 milliards de vêtements sont produits chaque année (source Greenpeace),
  • la production nécessite autant d’eau
  • 25% de la production mondiale de pesticides y est consacrée
  • en plus, des composants toxiques (pour notre santé et pour l’environnement) sont utilisé,
  • des cours d’eau (rivières, nappes phréatiques) sont pollués,
  • la chaîne alimentaire est polluée (culture, poissons etc)
  • les conditions sanitaires des employés ne sont pas respectées,
  • de nombreuses maladies se développent…

On est en droit de protester et de trouver des alternatives plus respectueuses. D’autant plus que pour produire autant, les marques favorisent la quantité à la qualité et cela se voit. Les tee-shirt déteignent, les pulls boulochent, et la fermeture éclair de la jupe casse sans même avoir pris 100 grammes. Et tout ça pourquoi ? Généralement on ne porte pas 1/3 de notre garde-robe et l’effet de mode fait qu’on ressemble tous à des clones. 

Tu te demandes comment faire pour t’habiller éco-responsable ? Déjà déculpabilise. Comme cité plus haut, nous ne te demanderons pas de sortir avec une feuille de vigne en guise de vêtement (mais libre à toi de juger ce qui est bon pour la planète 🙂 ). Le plus important est de t’informer, de trouver la solution qui soit en accord avec tes valeurs pour que tes achats soutiennent des initiatives positives. 🙂 « Yes, we can ! »

C’est pourquoi on tend à diminuer sa consommation de vêtements neufs. Ce n’est pas pour autant que nous n’achèterons plus de vêtements. Il est possible d’acheter de second choix dans des friperies, boutiques solidaires (Emmaus, La Croix Rouge), sur Vinted etc. Cela permet de renouveler sa garde robe à moindre frais (et donc faire des économies), de préserver les ressources naturelles et de ne pas soutenir des marques peu respectueuses de l’environnement et de ses salariés.

Cet article sur la Fast Fashion est, je l’espère, celui qui te permettra de prendre conscience de l’importance d’acheter en pleine conscience. Parce qu’évidement il existe des solutions pour une mode raisonnable voire éthique. Je te présente cela très prochainement ! Reste connecté.

Belle journée,

Soraya @Green_Neela

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